28 janvier 2021 - Informations

UNE RESPONSABILITE COLLECTIVE

Alors que nous faisons face depuis un an à la pire pandémie de l’histoire contemporaine, la gestion de crise en France interroge et la stratégie vaccinale patine. Nos EHPAD ne peuvent plus attendre. Il est temps de leur faire confiance.

Du retard à l’allumage en matière d’approvisionnement en masques et en tests, nous pensions que quelques enseignements avaient été tirés, sur les plans stratégique et logistique notamment. Et que la vaccination allait donc se dérouler de façon fluide, en commençant par les Ehpad. Près d’un mois après le coup d’envoi, il n’en est rien. Et ce n’est pas acceptable.
Ça l’est d’autant moins que nos résidents et personnels ont déjà payé un lourd tribut à cette crise sanitaire, mais aussi que beaucoup d’opérateurs et de groupes comme le nôtre disposent du professionnalisme, de la capacité et du process nécessaire pour vacciner vite et très bien.

Or, les chiffres de la vaccination dans nos établissements parlent d’eux-mêmes. Au 18 janvier, nous avions vacciné en Europe 5 719 résidents… dont 148 en France. Certes, depuis cette date, la campagne a véritablement démarré en France et nous recensions le 26 janvier 2 440 résidents et 544 professionnels vaccinés mais il n’en reste pas moins que notre pays a pris un retard considérable, comme le montre les taux de vaccination des résidents et collaborateurs Colisée : en France, ils s’élèvent aujourd’hui respectivement à 33% et 11% versus 56% et 40% en moyenne sur les pays européens où Colisée est présent.

Nos voisins font en effet mieux que nous, au sein des Ehpad et de la population générale. Alors que la France vient de dépasser le million de personnes vaccinées, l’Italie et l’Allemagne avaient dépassé ce chiffre à la mi-janvier. En cause ? Le manque d’anticipation stratégique et un mode de prise de décision trop centralisé. La solution ? Certainement pas faire appel, à prix d’or et en catastrophe, à un cabinet privé, mais s’appuyer sur ces grands acteurs de proximité que sont les collectivités locales et la médecine de ville pour le grand public et les Ehpad, non seulement pour leurs résidents, mais aussi pour les familles et, à l’évidence, pour leurs soignants et leurs équipes en général.

Car, en plus de l’objectif de vacciner 70% de nos résidents, c’est bien la vaccination de l’écosystème des Ehpad que nous nous proposons d’assurer. Non seulement parce que vacciner un écosystème est plus efficace pour faire reculer le virus, mais aussi parce que les plateaux techniques solides et onéreux qui sont déployés pour ces campagnes sont finalement sous-utilisés. Au total, si chaque Ehpad vaccinait son écosystème, ce sont 500 vaccinations qu’il assumerait, rapidement et sans coûts supplémentaires.

Nous en sommes convaincus, la vaccination est notre seule chance de sortir de cette pandémie et chacun doit donc prendre sa part de responsabilité pour mener à bien cette entreprise. De notre côté, cela fait de nombreuses semaines que nous anticipons cette campagne, que nous sensibilisons les équipes, les résidents et les familles dans nos établissements et que nous travaillons sur le consentement de chacun d’eux. Cela fait plusieurs mois que nous nous tenons prêts, collectivement.

Qu’attendre en retour de la part du gouvernement ? Qu’il assure l’approvisionnement en doses – cela doit absolument rentrer dans l’ordre – et qu’il nous fasse simplement confiance. Tout comme cette crise a, depuis le départ, révélé la solidarité dont nous étions collectivement capables, la vaccination nous oblige aujourd’hui à nous faire confiance. C’est la clé du partenariat qui permettra de réussir à remettre sur de bons rails cette campagne de vaccination, au démarrage bien poussif. La vaccination est la chance de sortir de cette crise, nous n’avons pas le droit de la gâcher.